2:06 – Beaucoup de pluie et du vent. Je me demande si mes piquets vont tenir. Il fait froid.
9:08 – Il fait 8 degré avec de la pluie et du vent. C’est pour l’instant beaucoup trop froid et “dangereux” de prendre la route. J’évalue les opportunités. J’ai un mauvais pré-sentiment pour aujourd’hui (spider-sense on). Je range la tente et la sèche entre deux averses. La vue est magnifique.



15:14 – Je tente de partir à l’aventure. Je démarre mes bidules électroniques!
https://www.strava.com/beacon/bZnPezlNb1T
Voici ma position en temps réel pour ma prochaine activité ! Suivez-moi sur Strava.
Je parle avec des gens du village qui font une levée de fonds pour les activités municipales. Elles nomment qu’il s’agit d’un énorme défi qui est de prendre cette route en m’expliquant qu’elles appellent cette route une trappe aux voitures. Elles détaillent que les voitures prennent feux, tombent en panne sur le bord de la route et que les gens doivent les abandonner. Elles nomment qu’il faut apporter beaucoup d’eau car il y a rien pour en acheter.
J’ai acheté une réserve d’eau Afin de me permettre de traverser cette longue section Désertique. J’espère arriver avant minuit ce soir à Merritt. Si je n’y arrive pas, je vais évaluer encore mes options soit coucher en route ou revenir sur mes pas.
Hope jusqu’à Merritt, BC par l’autoroute 5.
Je me suis engagé sur l’autoroute 5 qui probablement l’un des parcours les plus dangereux non pas par ses animaux sauvages mais ses bêtes en acier. Il y a tellement de morceaux d’acier, de vis, de clous et j’ai même vu un marteau.

Je me sent encouragé avec l’affiche qui accepte des vélos.

Oups, ouin c’est rapide comme autoroute. Je commence à craindre un peu plus que le chemin ne sera pas reposant.
J’écris à une amie pour m’aider à réfléchir car j’ai un mauvais « feeling ». Qu’est-ce que je fais!? J’hésite entre deux chemins. Finalement, je prends celui initialement prévu. Le côté de la route est plein de débris.

Ouff, c’est tard pour commencer une grosse randonnée comme celle-ci spécialement lorsque le prochain signe de civilisation se situe à 110 km.
Pendant que je descends une colline à une vitesse folle, je vois cette affiche et je commence à douter de mes capacités, qu’il s’agisse d’une bonne idée et que je vais avoir du plaisir!
Je discute avec mon amie. J’arrive en bas de cette longue colline et je décide que je devrais rebrousser le chemin mais la descente a été longue et je dois trouver comme prendre l’autre côté de l’autoroute. Je trouve une voie de service au milieu et je réussi à prendre l’autoroute à voie contraire. Les voitures et les camions se déplacent rapidement. Je réussi quand même à retourner tranquillement vers mon point de départ.
Je monte une grande colline qui me semble interminable puis frappe une tempête. Je reçois eau et glace au visage. Je descends la colline et prends la première sortie. Quelques kilomètres plus tard, une vibration provenant du pneu arrière et je sent la route devenir soudainement plus dure.
Je m’arrête et je remarque une crevaison! Misère!
Il pleut encore. Je me sent chanceux d’avoir réussi à arrêter correctement mon vélo avec le poids des sacs sur celui-ci, l’arrêt aurait pu être autrement.
Je continue à avancer pour essayer de trouver un abri. Je vois rapidement, j’aperçois au loin, un motel. Je suis gelé. J’appelle pour demander s’il reste un chambre de disponible. Aucune réponse! Une boîte vocale mal programmé. J’appelle à nouveau. Je suis transféré vers un autre numéro. Une personne répond puis raccroche. Je m’approche de plus en plus et je suis capable de voir l’inscription sur un panneau NO VACANCY.
Par chance, il y a un restaurant Boston Pizza à proximité. Encore gelé, le visage brûlé par le froid et la violence de la grêle, un peu frustré par mon expérience, je décide de mettre l’aventure sur pause. Un peu comme un jeu vidéo, joué un peu trop longtemps! Je dois prendre un peu de recul. J’installe mon vélo sur le côté du bâtiment juste assez pour voir si une personne s’en approche et j’entre en petit cuissard de vélo serré tout mouillé comme si j’avais terminé une audition chez les chippendales bedonnant qui avait été recalé à son dernier numéro de dancing in the rain de Rihanna. Je n’ai clairement pas cette confiance à ce moment. Je ne peux m’empêcher de penser à l’aise de Gene Kelly dans Singin’ in the rain! C’est un vrai cliché mais ça me redonne le sourire et suffisamment de courage pour me présenter avec mes deux sacs de vélo et mon visage boursouflé à l’entrée du restaurant.
Je dis en tentant d’être le plus stoïque et neutre possible possible avec mon accent francophone « Good evening sir, if you would be so kind as to offer me a seat. I will be dining alone tonight. »
L’hôte ayant un petit rire retenu, répond avec un léger accent Brésilien « Good evening, sir. Of course, we have a lovely table available for you. Please follow me, and I’ll make sure you’re comfortably seated next to the window. »
« If there is anything else you need, do not hesitate to let us know. ».
Après avoir déposé mes sacs au fond de la banquette et sous la table, je le fixe du regard et répond d’un air décidé.
« I will take something to drink ! »

L’hôtesse prend ma commande Aperol Spritz va clairement me rappeler de meilleures jours que le spécial Bud Light pour la partie de hockey qui semble débuté en fonds de trame. Je commence à relaxer. J’en profite pour récupérer du linge de rechange et je vais me changer à la toilette.
À mon retour, j’en profite pour demander à nouveau à l’hôtesse si elle se souvenait du nom de l’hôtel qu’elle tentait de me recommander plutôt. Elle n’a pas trouvé. Elle nomme qu’elle va me revenir avec le nom aussitôt qu’elle trouvera. Je commence à me demander si elle connaît vraiment un endroit dans la ville.
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