Jour 12 – Froid sec, réveil brutal – 2 avril 2026

Froid sec, réveil brutal

Le froid me réveille avant le réveil.

Pas un petit frisson. Non. Un courant d’air précis, presque chirurgical, qui glisse par la fenêtre mal fermée et vient s’installer directement sur mon dos/cou. Je reste là, immobile, à négocier avec moi-même.

Ok… je me lève.

Le dortoir respire lentement autour de moi. Des sacs entrouverts, des respirations lourdes, une fermeture éclair qui grince dès que je la touche. Je prends tout ce que je peux porter sans faire de bruit. Mission impossible.

— « …désolé… »

Personne ne répond. Parfait.

Je fuis vers le salon.

Thé trop chaud, plan trop flou

Le salon est vide. Lumière grise. Londres encore endormie.

Je m’installe. Thé. Sucre. Organisation mentale et matérielle. Mes affaires sont étalées comme si j’essayais de comprendre ma propre logique.

Je souffle sur la tasse.

Ok… stratégie pour survivre à la prochaine nuit : acheter quelque chose de chaud. Rapidement.

H&M — survie thermique

Il fait froid dehors. Un froid humide, qui s’infiltre sans permission.

H&M. Je cherche une tuque comme si c’était une urgence médicale.

Des gens passent, indifférents, déjà habillés comme s’ils savaient. Moi, j’improvise.

Oh, regarde ce t-shirt.

9:40 — Bill’s Soho

Chaleur immédiate. Bruit. Vie.

Je m’assois. Œufs florentine.

Une chanson joue quelque part.

“You Don’t Own Me.”

— « Coffee or tea? »

— « Coffee… please. »

Première bouchée. Trop vinaigré. Pas mauvais. Juste… agressif.

Autour de moi :

— « I told you, it’s not about that— »

— « Can we just enjoy breakfast? »

Je souris. Classique.

Je regarde mon assiette. Je mange quand même. J’ai faim. Toujours faim en voyage.

Flottement culturel

Magasin d’art.

Couleurs. Textures. Silence presque religieux.

Puis Liberty London. Tout est beau. Trop beau. Trop propre.

Je touche des tissus que je n’achèterai pas.

Ok… next.

Musée de Londres — attente vs réalité

12:39.

Je marche vite. Trop vite. Objectif personnel 25000 pas aujourd’hui.

Rosetta Stone.

Je regarde. Je comprends que je devrais ressentir quelque chose.

Rien.

Balawat Gates.

Parthenon. Salle 18.

Des gens prennent des photos. Lentement. Sérieusement.

Moi, je passe.

Mésopotamie. Égypte. Momies.

Je m’arrête devant une vitrine. Long silence.

— « That’s insane… » dit quelqu’un derrière moi.

Oui… peut-être.

Mais je décroche. Je le sens. Mon esprit est ailleurs. Trop fatigué. Trop plein.

Pas aussi intéressant que je pensais.

Et c’est correct.

Pub Londonienne

Un effet plus wow que le musée. Je me repose.

Retour au vivant

Air frais.

Je marche vers Covent Garden.

Vivobarefoot.

Je regarde des chaussures minimalistes comme si elles allaient changer ma vie.

— « They’re designed to feel like you’re barefoot. »

— « Yeah… I’m not sure I want that in London. »

Petit rire. Court moment humain. J’aime ça.

Métro, transitions

Swiss Cottage Station.

Le bruit du métro. Le vent chaud qui annonce son arrivée. Les gens alignés, efficaces.

Je suis porté par le mouvement.

Le spectacle

Le soir. Lumières. Attente.

The Devil Wears Prada.

Les gens sont bien habillés. Moi aussi, un peu. Suffisamment.

Je m’assois. Silence. Puis la scène s’allume.

Et là… je suis présent.

Enfin.

J’ai très bien fait d’acheter ces billets de dernière minute.

Retour — même station, autre fatigue

Swiss Cottage. Encore.

Mais différent.

Fatigue lourde, mais satisfaisante. Le genre qui dit : t’as fait ta journée.

Je marche. Lentement cette fois.

Réflexion (discrète)

Il y a des moments qu’on pense vouloir vivre… et d’autres qui nous attrapent sans prévenir.

Aujourd’hui, ce n’était pas les grandes choses.

C’était le froid.

Le thé.

Un commentaire dans un magasin.

Une chanson au hasard.

Et quelque part entre deux stations de métro… moi qui commence à comprendre comment habiter la journée.


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